5 peintures connues d’instruments de musique

La musique a toujours été une source d’inspiration dans plusieurs domaines, y compris celui de la peinture. C’est durant l’époque baroque que la musique a connu son véritable âge d’or si bien que le prolongement s’est fait naturellement dans la peinture à travers de nombreux tableaux célèbres. Ces œuvres de grande qualité font l’objet de nombreuses études aux historiens et fascinent les passionnés  d’art et d’instruments de musique à la fois. Voici 5 des plus célèbres spécialement séléctionnés pour vous :

 

Les trois musiciens de Pablo Picasso

Les trois musiciens de Pablo Picasso

Les trois musiciens de Pablo Picasso

Les trois musiciens de Pablo Picasso est célèbre, non seulement pour la beauté de l’œuvre mais aussi parce qu’il en existe deux versions. Ces dernières résument bien l’expérience et les conquêtes du cubisme dans cette œuvre. Entre force et lyrisme, ce tableau plein de rigueur est fait de papiers collés et relève ainsi du cubisme synthétique puisqu’il arbore des couleurs vives. C’est tout le contraire du cubisme analytique qui se limite uniquement à deux couleurs sombres. Les deux versions de ce tableau ont toutes été peintes par en 1910 et représentent chacun trois personnages de la Commedia dell’arte. Dans la première version, on y retrouve Pierrot qui joue de la clarinette, Arlequin qui joue du violon à gauche et Capucin qui joue de l’accordéon à droite. L’autre version présente Pierrot jouant de la clarinette, Arlequin qui joue de la guitare au centre et Capucin tenant les partitions en étant allongé sous la table ; enfin, on remarque un chien  noir difficile à percevoir que l’on pourrait confondre avec l’ombre de la table ou des jambes des personnages du tableau. Cette permutation des personnages n’ont entrainé aucune modification de leurs gestes, cependant, la première version est plus concise en ce qui concerne les formes tandis que la deuxième version présente des formes plus complexes. Dans les deux tableaux, aucune lumière qui soit réaliste n’a été détectée. L’ensemble semble être éclairé de la même manière, sans contrastes, et les objets ainsi que les personnages manquent assez de volume. Ils sont créés à partir de formes géométriques plates sans illusion de réalisme. Ce qui est mis en exergue c’est l’aspect de deux dimensions des matériaux. Les deux tableaux montrent également deux points de vue : on aperçoit en même temps les musiciens avec les partitions qu’ils fixent. Aussi, contrairement aux autres œuvres de Pablo Picasso, les personnages et les objets sont facilement reconnaissables. On sait tout de suite que le thème tourne autour de la musique sans que l’on ait à s’occuper des formes et du volume. Il faut préciser que ces œuvres ne sont pas des collages malgré les apparences. Il s’agit d’huile sur toile même si on remarque que la petite main d’Arlequin tenant l’archet du violon semble avoir été coupée d’un autre papier puis collé sur le bras ayant la même apparence. C’est presque toutes les formes de l’œuvre qui semblent avoir été coupées puis collées mais l’auteur a fait en sorte qu’il se crée cette illusion opposée de l’illusion de la nature. On remarque une pointe d’humour sur ce tableau. Les personnages appartenant à un groupe d’artistes amusants pour les spectateurs, la manière dont ils sont représentés sur l’œuvre est assez comique. La représentation de leurs corps est, par exemple, assez inattendue. Ainsi, ces deux versions de la peinture de Pablo Picasso est totalement différente de ses œuvres précédentes qui sont plus sombres et plus mystérieuses. Ce tableau-ci dégage plutôt une atmosphère plus joyeuse. Selon Maurice Reynal, les trois musiciens multiplieraient en une sorte d’anthologie la plupart des découvertes de l’expérience cubiste. Ce tableau humoristique de Picasso met un point final à ses évocations plastiques de personnages abstraits inspirés de la comédie italienne. Le tableau Les Trois Musiciens est un peu une manière de célébrer le théâtre.

 


Jeunes filles au piano d'Auguste Renoir

Jeunes filles au piano d'Auguste Renoir

Jeunes filles au piano d'Auguste Renoir

Jeunes filles au piano est un tableau traitant du thème de la musique. Célèbre, il est signé Auguste Renoir et a été réalisé en 1892 durant sa période nacrée. Ce tableau est aujourd’hui placé au musée d’Orsay à Paris. Il s’agit d’une œuvre représentant une scène familiale. On y observe deux jeunes filles qui jouent du piano. Elles possèdent un corps charnel que Renoir aimait tant peindre. La toile est difficile à cerner. Elle n’est pas du pur impressionnisme pourtant on n’y retrouve plus vraiment les traits de pinceau précis de la période ingresque. Ce qui rend cette toile authentique et bien réelle c’est le fait que l’accoutrement des filles n’ait pas été embelli. En outre, il faut savoir que l’œuvre a été faite de cinq façons différentes. Renoir était avisé et savait que l’Etat Français voulait l’acheter. C’est d’ailleurs grâce à elle que l’artiste fût enfin reconnu. A l’époque, Renoir peint un autre tableau avec une vision légèrement différente de celui-ci mais en moins détaillé. C’était peut-être une version préparatoire ; elle est aujourd’hui conservée au musée de l’Orangerie à Paris.

 

La leçon de musique de Johannes Vermeer

La leçon de musique de Johannes Vermeer

La leçon de musique de Johannes Vermeer

Le tableau signé Johannes Vermeer s’appelle La leçon de musique. Il a été peint entre 1662 et 1665. Il s’agit d’une huile sur toile de 74 x 64,1 cm qui est aujourd’hui conservé dans la Royal Collection. On l’expose parfois au Palais de Buckingham ou au Palais St. James de Londres. Les experts sont mitigés sur l’année exacte de sa réalisation car certains pensent qu’il a été fait vers 1660. Dans tous les cas, la beauté de la peinture a mis tout le monde d’accord, surtout les fans d’arts et de musique. Il s’agit d’une œuvre mettant en scène une pièce éclairée à la lumière naturelle du jour où une jeune écolière prend une leçon de musique en jouant de l’épinette. Elle est de dos sur le tableau. A côté, un homme se tient debout ; il s’agit de son professeur qui la regarde et semble l’écouter avec attention. L’instrument de musique possède une indication : «La musique est le compagnon de la joie et la guérison de la détresse » et sur le mur, un miroir reflète ce qui se passe. Au premier plan se trouve une table recouverte de tapis multicolore au-dessus de laquelle une carafe blanche se tient sur un plateau. Sur la droite, au mur, une partie d’un tableau est affiché ; il doit s’agir de la Charité romaine dans un style de Caravage ou de Dirck van Baburen, où Péro est condamné à mourir de faim mais il parvient à se nourrir du lait de sa propre fille. Le chef d’œuvre représente en gros une scène d’intérieur, où il n’y a que très peu de personnages, éclairé de la gauche. On retrouve une perspective bien respectée comme on le retrouve sur le miroir, la viole de gambe et les carreaux du sol. La lumière naturelle entre par la fenêtre de gauche en se répercutant sur des surfaces travaillées, faisant rejaillir des paillettes sur le tapis de soie. C’est un fait, Vermeer veut transmettre son intérêt pour les détails. Aussi, l’artiste croit en une relation forte entre la musique et l’amour en peignant cette toile. Il cible clairement une certaine classe sociale élevée via la présence d’objets sophistiqués comme le miroir ou encore le tapis oriental. L’usage de couleur fait avec « pointillisme » confère une luminosité étincelante sur la surface picturale, ce qui représente un style influencé grandement par les impressionnistes comme Van Gogh ou Renoir. Ce tableau a appartenu à Pieter van Ruijven selon les dires puis il semblerait qu’il a figuré ensuite parmi  les collections de Grande Bretagne depuis le règne de George III. A l’époque, il était attribué à Frans van Mieris de Oudere car il y avait mauvaise interprétation de la signature. Le roi ne l’avait pas particulièrement convoité mais puisqu’il figurait parmi le lot comprenant des livres qu’il souhaitait acheter, il l’a acquis. Le tableau a ensuite été vendu durant l’année 1696 et en 1718, c’est un vénition du nom de Giovanni Antonio Pellegrini qui l’a aquis avant d’avoir été racheté par Smith. En 2013, un documentaire a tenté de reconstituer la création de ce chef d’œuvre en montrant les diverses optiques utilisées par le peintre.

 

Violon et pipe (Le Quotidien) de  Georges Braque

Violon et pipe (Le Quotidien) de  Georges Braque

Violon et pipe (Le Quotidien) de Georges Braque

Ce tableau de Georges Braque est aujourd’hui conservé au musée national d’art moderne à Paris. Violon et pipe (Le Quotidien) possède une dimension de 74 × 106 cm et a été peint entre la fin de l’année 1913 et le début de l’année 1914, du temps de la fin de ses recherches sur le cubisme analytique. Mais ensuite avant  son nouvel engouement pour le cubisme synthétique, il a eu une période intermédiaire qui est celle des papiers-collés dont ce tableau est le témoin. Les recherches de l’artiste sur la composition picturale et sur les matériaux l’ont conduit à une suite de tableaux en papiers-collés. Braque utilise à la fois des papiers pour l’allure de faux bois et d’autres matériaux pour finir chaque œuvre. C’est justement le cas du tableau Violon et pipe (Le Quotidien).  Il est composé de fusain, de craie, de faux bois, de galon de papier, de papier collé uni, de papier noir, et de journal sur papier contrecollé sur carton.

 


Le Repas de noce ou La Noce paysanne de Pieter Brueghel l'Ancien

Le Repas de noce ou La Noce paysanne de Pieter Brueghel l'Ancien

Le Repas de noce ou La Noce paysanne de Pieter Brueghel l'Ancien

Le Repas de noce ou La Noce paysanne de Pieter Brueghel est une œuvre de 1567 ou de 1568. Ce peintre flamand de la Renaissance présente à travers ce tableau un repas durant lequel des paysans sont réunis dans une salle remplie. C’est un symbole clair de la communion et du partage. L’œuvre est acheté par l’archiduc Ernest à Bruxelles en 1594 et a fait partie de la collection de Rodolphe II puis de la collection de Léopold-Guillaume en 1659. On retrouve généralement des couleurs chaudes sur l’ensemble de ce tableau. Du rouge pour les casquettes, les hauts des porteurs et du musicien en contraste avec une salle jaune, assez terne. On remarque que la luminosité provient des serveurs en premier lieu, puis des galettes dans un prolongement tout au long de la table jusqu’à la sortie de la pièce. Ces couleurs représentent la divinité et la vitalité, ce qui exprime bien cet événement. Le premier plan est composé des boissons et des mets. La pièce est limitée en arrière-plan par des murs arrière de ce qui semble être une grange. Le mur est décoré très subtilement par la mariée qui se distingue des convives. Elle est assise près de ses parents devant une tenture verte. Au-dessus des parents de la mariée sont suspendues des gerbes de blés croisées, ce qui est symbole de fertilité. Les lignes de ce tableau convergent vers la sortie de la pièce où un attroupement est formé. La profondeur est formée par le plat en bois, le banc, la chaise, les poutres, la table, le panneau en bois et le portail d’entrée. Il y a un vide entre le banc et les cruches. Le tableau est formé de quatre plans : le fond de la salle, les musiciens et l’attroupement sur le banc, le remplisseur de cruche et l’enfant, et enfin les porteurs et le serveur. On retrouve un symbole d’excès en la présence de la quantité des plats sur la table et des cruches vides au premier plan. Le contraste est formé par la mariée qui ne touche volontairement pas au plat. C’est un symbole de contenance. Le côté convivial est marqué par l’enfant qui porte un chapeau rouge avec un pain, la main à la bouche.

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