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Instrument Musique Occasion

Les instruments d'Extrême-Orient et d'Asie centrale, de la cithare koto au gamelan

Les instruments d'Extrême-Orient et d'Asie centrale, de la cithare koto au gamelan

Un instrument de musique asiatique se range presque toujours dans l'une de quatre grandes familles : cithares, luths, vièles et percussions de métal. Du Japon à l'Inde, chaque région en a tiré un répertoire lié à sa société, de la cour impériale au village, et ces sons circulent désormais dans le monde entier.

  • Les cithares d'Extrême-Orient portent des chevalets mobiles, les instruments à archet de la famille huqin se jouent sans touche, le sitar vibre par ses cordes sympathiques.
  • Dans chaque société asiatique, ces instruments servent un usage précis : rituel, cour, théâtre ou fête de village.
  • D'occasion, la membrane, les chevalets et les matières anciennes comme l'ivoire se contrôlent avant tout paiement.

Cithares et luths pincés, de la cour impériale au théâtre

Les cithares d'Extrême-Orient forment la famille la plus reconnaissable des instruments de musique asiatiques. Le guzheng, cithare chinoise à chevalets mobiles, compte 21 cordes sur son modèle moderne le plus répandu et possède une histoire de plus de deux millénaires : l'interprète pince les cordes de la main droite et presse de la main gauche à gauche des chevalets pour infléchir la hauteur du son. Le koto japonais en descend, avec 13 cordes, des chevalets que l'on déplace pour changer d'accord et des onglets portés au pouce, à l'index et au majeur. La Corée joue le gayageum, à 12 cordes dans sa version traditionnelle, et le Vietnam le đàn tranh, cousin direct du modèle chinois.

Le guqin occupe un rang à part : sept cordes, aucun chevalet, un son feutré destiné à une écoute intime. L'Unesco l'a proclamé chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité en 2003.

Côté luths, le pipa à quatre cordes et à caisse en forme de poire se tient presque à la verticale ; le biwa japonais en dérive. Le shamisen, luth à trois cordes arrivé au Japon par les îles Ryūkyū, accompagne le théâtre kabuki et les marionnettes du bunraku ; sa caisse, tendue autrefois de peau animale, reçoit de plus en plus une membrane synthétique. Pour le détail des familles jouées de Pékin à Canton, voir les instruments chinois à connaître, du dizi au yangqin.

Comment fonctionne l'erhu ?

L'erhu fonctionne sans touche : ses deux cordes, accordées à la quinte, se tendent sur un manche fin planté dans une petite caisse hexagonale ou octogonale couverte de peau de python. Les crins de l'archet passent entre les deux cordes, si bien que l'archet reste prisonnier de l'instrument ; le musicien tire ou pousse pour faire sonner l'une ou l'autre corde, et la main gauche presse les cordes dans le vide, sans les plaquer sur un bois. Ce jeu « en l'air » donne des glissandos et un vibrato d'une grande souplesse, d'où sa réputation d'instrument proche de la voix. La famille des huqin compte aussi le banhu, plus aigu, et le gaohu du répertoire cantonais.

La Mongolie a son propre instrument à archet, le morin khuur, ou vièle à tête de cheval, aux deux cordes en crin. L'Unesco l'a inscrite au patrimoine immatériel ; elle accompagne le chant diphonique et les récits épiques des éleveurs nomades.

Flûtes, gongs et tambours : les vents et les percussions

Le shakuhachi est une flûte droite en bambou à cinq trous, taillée en biseau à l'embouchure. Au Japon, les moines komusō de l'école Fuke en jouaient comme d'une pratique méditative liée au bouddhisme zen ; le souffle et les attaques y comptent autant que la mélodie. Plus à l'ouest, le ney, flûte oblique en roseau, traverse le monde turc, persan et arabe : la flûte de roseau nay se joue en soufflant sur le bord du tuyau, sans bec ni anche.

Le gamelan de Java et de Bali n'est pas un instrument mais un ensemble : gongs suspendus, métallophones (saron, gendèr), jeux de petits gongs posés (bonang), tambours, parfois flûte et voix. Chaque gamelan garde son accordage, si bien que l'on ne mélange pas les pièces de deux ensembles. L'Unesco a inscrit le gamelan d'Indonésie sur sa liste représentative en 2021. En Inde du Nord, le tabla, paire de tambours accordés, dialogue avec le sitar ; en Corée, le janggu en forme de sablier rythme la musique folklorique et les cortèges.

Du monde turc à l'Inde, les luths à manche long

Le saz, ou bağlama, est le luth de la musique populaire turque : trois chœurs de cordes et des frettes mobiles nouées autour du manche, qui permettent de placer des intervalles plus petits que le demi-ton. L'Anatolie, cœur du pays turc, appartient au continent asiatique, et le saz y accompagne les âşık, poètes-chanteurs itinérants. En Asie centrale, la dombra kazakhe à deux cordes et le dutar ouzbek prolongent cette famille, chacun dans sa région, avec un répertoire de chants épiques et de danses.

Le sitar, luth à manche creux et à cordes sympathiques qui vibrent sans que l'on les touche, porte la musique classique indienne du Nord, dite hindoustanie ; Ravi Shankar l'a fait connaître en Europe et en Amérique dans les années 1960. Le Sud, de tradition carnatique, préfère la veena, luth à frettes fixes. Les deux genres musicaux reposent sur le raga, cadre mélodique, et le tala, cycle rythmique, deux notions qui structurent l'improvisation.

Ce que les instruments disent des sociétés qui les jouent

Un instrument raconte la société qui l'a façonné. Dans la Chine impériale, le guqin appartenait au lettré, au même titre que la calligraphie : savoir en jouer signalait un rang dans la société cultivée bien plus qu'un métier. Au Japon, le gagaku, musique de cour, réunit flûtes, orgue à bouche shō et biwa autour de la maison impériale ; il illustre une société de cour qui codifie le son comme l'étiquette.

À Java, le gamelan reflète une société villageoise : personne n'y joue en soliste, chaque partie s'emboîte dans celle des autres, et l'ensemble appartient souvent à un palais, à un village ou à une association. En Mongolie, le morin khuur suit une société d'éleveurs ; dans le pays turc, le saz des âşık porte une poésie chantée qui commente le quotidien de la société rurale.

Cette lecture vaut aussi pour la société contemporaine. Les conservatoires de Pékin, Séoul ou Tokyo enseignent ces instruments comme une discipline savante, et une partie des sociétés asiatiques les réinvente pour le cinéma, la pop ou les jeux vidéo, loin de l'image exotique qu'en garde le public occidental. Les études d'ethnomusicologie décrivent ce passage d'un usage rituel à une activité de concert ; elles montrent qu'un même instrument change de statut selon la société et l'époque.

Acheter un instrument asiatique d'occasion : les points à vérifier

L'achat d'occasion d'un instrument asiatique demande quelques contrôles propres à chaque famille, en plus des vérifications habituelles d'un instrument à cordes ou à vent. Le grand risque tient aux pièces introuvables hors du pays d'origine : chevalets de cithare, membrane en python, courge de sitar.

InstrumentFamilleOrigineÀ contrôler d'occasion
KotoCithare à 13 cordesJaponJeu de chevalets complet, fentes de la table d'harmonie, état des cordes
GuzhengCithare à 21 cordesChineChevilles d'accord qui tiennent, chevalets alignés, table sans fissure
ErhuVièle à 2 cordesChineMembrane tendue et sans déchirure, archet complet, justificatifs CITES
ShamisenLuth à 3 cordesJaponMembrane de la caisse, jonctions du manche démontable
SitarLuth à cordes sympathiquesIndeCourge de résonance non fendue, chevalet, frettes bien fixées
SazLuth à frettes mobilesTurquieManche droit, frettes nouées en bon état
ShakuhachiFlûte en bambouJaponFentes du bambou, embouchure intacte

Deux matières appellent une attention juridique. La peau de python de certains huqin relève de la convention de Washington (CITES) : pour faire voyager l'instrument hors de l'Union européenne, l'administration peut exiger un document. Les onglets, chevalets ou plectres anciens en ivoire, présents sur des cithares et des luths japonais de collection, tombent sous des règles de commerce strictes dans l'UE : demander l'origine et les justificatifs au vendeur. Les boutiques spécialisées en musiques du monde, les associations et les sites de particuliers restent les principaux canaux, et les critères pour savoir où acheter un instrument d'occasion valent aussi pour une cithare ou un sitar.

Apprendre et se documenter en France

En France, l'apprentissage passe d'abord par des associations culturelles et quelques conservatoires qui ouvrent des classes de musiques du monde : cours de cithare ou de shamisen dans des associations franco-japonaises, ateliers de gamelan, classes de sitar et de tabla. À Paris, la Maison de la culture du Japon programme concerts et ateliers, et le Centre culturel de Chine propose des activités autour de la musique traditionnelle chinoise. Les associations demandent souvent une adhésion : on devient membre pour accéder aux cours et au prêt d'instruments, un service dont l'intérêt se mesure quand on hésite encore à acheter. Un premier contact par courriel permet de savoir si un instrument de prêt est libre et quelle taille de groupe attendre.

Les cithares à chevalets se prêtent à un apprentissage rapide des premières mélodies, puisque leurs cordes s'accordent sur une gamme pentatonique ; l'instrument à archet chinois, sans touche ni frette, demande plus de patience pour jouer juste. Avant d'acheter, présenter son projet (répertoire visé, temps de pratique) à un professeur ou à un luthier spécialisé évite un mauvais choix ; l'accompagnement d'un professionnel garde tout son intérêt pour régler un chevalet ou retendre une membrane.

Pour la recherche, la Société asiatique, fondée à Paris en 1822, édite le Journal asiatique, publication de référence sur les langues et les cultures du continent. La Société française d'ethnomusicologie rassemble les chercheurs du domaine, et le Musée de la musique de la Philharmonie de Paris conserve des cithares, des luths et des gongs d'Extrême-Orient dans ses collections. Un ouvrage d'ethnomusicologie ou un livre consacré à une seule tradition apporte une information plus fiable qu'une liste générale, et le moyen le plus parlant reste de voir jouer un musicien sur la scène internationale.

Cithare, archet ou sitar : les doutes du débutant

Quel instrument asiatique choisir pour débuter ?

Les cithares à chevalets offrent les débuts les plus accessibles, car leurs cordes accordées sur une gamme pentatonique sonnent juste dès les premiers essais. Les instruments à archet et le sitar demandent davantage de travail de l'oreille et de la main gauche.

Combien de cordes compte un koto ou un guzheng ?

Le koto compte 13 cordes et le guzheng moderne le plus courant 21. Ce nombre de cordes varie selon les modèles et les écoles, certains instruments de concert en ayant davantage.

Peut-on voyager avec un erhu en peau de python ?

Un instrument tendu de python relève de la convention CITES : hors de l'Union européenne, l'administration peut exiger un document à la frontière. Demander au vendeur les justificatifs de la membrane avant l'achat évite une saisie.

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